Poèmes vagabonds : la liberté

Liberté 

 (sonnet)

 

Bohémienne allant sur le feu de nos mains,

Sans brûler tes jupons qui glanent l'espérance,

Dès lors que le bon droit chasse l’intolérance,

Pour toi, le sang de l'homme a rougi les chemins.

 

 Héroïque voilier bravant les lendemains

Et nos regards perdus dans les mers d'ignorance,

Ton écume bleuit, malgré sa transparence,

Le sillage des cœurs, le long des parchemins.

  

Aquarelle et fusain t’habillent pour nos songes,

L'eau vive et le zéphyr t'éloignent des mensonges,

Respirer ta musique appelle en nous l'été.

  

Si les enfants du monde attrapaient tes étoiles,

Ils pourraient peindre au ciel le mot "Félicité",

Séduite par leurs jeux, tu lèverais tes voiles !

 

                                                                                           Marilène Meckler

                                                         Tiré du recueil Passagère du vent

 

BESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswy

Bohémienne 
   

Maraudeuse d’aurore à l’entrebâillement 
Des portes de la nuit s’ouvrant avec émoi,
Je donnerai la main, toujours aveuglément,
À cette liberté que vous cherchez en moi.

 

Et j’irai les pieds nus, sur les cendres fumantes,
Cheveux d’algues laissant, près de vous, mon odeur ;
N’imposant de frontière à mes terres aimantes,
J’offre de la musique à mon pas baladeur.

 

Mettant une virgule, à mes jours de lumière,
Avec l’astre, je dors, sans vous, à mon côté.
Et, déjà, la rosée, éveillant la bruyère,
Me murmure un poème aux sons de vérité.

 

Allumeuse de feux pour le chant des veillées
Et des cœurs naufragés que la nuit vient noircir,
Aux notes du mystère, alors, émerveillées,
Je danse, espérant voir le monde s’adoucir.

 

Des grappes de soleil tombent sur mon corsage ;
L’étoile, de ses doigts, caressent mes cheveux.
Fuir le temps et l’espace, oser sans être sage,
Abandonner les lois, oublier les aveux !

 

Sauvage, une jument se cabre dans mes veines.
Guitares, tambourins me suivent, palpitant.
Glissent, entre vos doigts, mes jupons, par dizaines,
Que la soif des ruisseaux poursuit, en haletant.

 

                                                                                      Marilène Meckler

                                       Tiré du recueil Dans les yeux des poèmes

 

BESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswyBESbswy

Ma liberté

 

Viens partager mon ciel, grisante liberté !

Tes longs regards diseurs de la bonne aventure

Ravivent dans nos cœurs ce courage hérité

Des combats de l’Histoire où meurt la dictature.

 

Quand tes jupons d’eau vive emportent le désert,

À la source des mots, pour le rendre fertile,

Le silence maudit, par les dunes, se perd :

Chacun peut s’exprimer, dès l’aurore tranquille. 

 

Même au fond des prisons, jamais, tu ne mourras

Et les fers ne feront qu’étendre ton empire.

Vestale qu’aucun dieu ne pourra, de son bras,

Garder, longtemps, captive, apporte-moi ta lyre !

 

Ses accords berceront le chant des opprimés

Qui ne pensent qu’à toi, fille aux mains sans frontières.

Alors, je baiserai, dans les soirs parfumés,

Tes paupières sans fard, aux fraîcheurs forestières.

 

Justice, égalité, comme des âmes-sœurs,

Au bord du firmament, dessinent ton visage.

Je prendrai le chemin, sous les astres danseurs

Car chercher ta parole est le plus beau voyage.

 

Afin que ton regard d’océan nourricier

Ouvre, pour nos espoirs, l’ivresse des abysses,

Je donnerai mon sang de pauvre romancier

Et l’éclat virginal de mes premiers narcisses.

 

                                                                                                 Marilène Meckler

                                         Tiré du recueil Dans le secret de mes silences

               

En prison

 

Auprès de mes barreaux, l’oiseau bleu s’est posé,       

Des bouts d’un ciel mouillé récoltés dans ses plumes,

Afin de rafraîchir mon regard névrosé

Brûlant d’aller quérir l’horizon, sous les brumes.

 

S’il avait accroché ses ailes de saphir

À mes poignets meurtris que, sans arrêt, piétine

L’ombre de ce cachot, lieu de mon repentir,

Là-bas, je cacherais ma berge clandestine.

 

Y pourrais-je accueillir, avec mon cœur blessé,

Les vahinés en fleurs de ces îles lointaines ?

Leur déhanché troublant, sur le papier glacé,

Réconforte mes jours qui meurent par centaines.

 

Je voudrais embrasser les nymphes et les bois,

Aux noces de la terre et des sources timides.

Mais je suis prisonnier, derrière ces murs froids,

Tous les rêves punis dans le creux de mes rides.

 

Le soir, nouant sa plainte au mirador géant,

Le silence, allumeur du divin réverbère,

Me rappelle l’église où j’attendais, enfant,

Que mon ange gardien, dans ses doux bras, me serre.

 

La berceuse d’antan que me chantait la mer,

Mouchoir de blanc satin volant sur les mémoires,

Espoir de liberté comme un fruit doux amer,

Lorsqu’approche la nuit, sèche mes larmes noires.

 

                                                                                                     Marilène Meckler

                                             Tiré du recueil Dans le secret de mes silences

 

Service simple et gratuit

J'y vais
Créez votre site Internet avec

Textes : Marilène Meckler - Photos et réalisation : René-G. Meckler - Tous droits  réservés